
12 Mar 2010
Des centaines d'habitants fuyaient Mogadiscio vendredi au troisième jour d'affrontements qui ont déjà fait plus de quarante morts parmi les civils, alors que le gouvernement annonce désormais comme "imminente" une offensive contre les rebelles islamistes.
Ce nouvel exode a été provoqué par des échanges de tirs d'artillerie entre les islamistes insurgés shebab et la force de paix de l'Union Africaine (Amisom), qui soutient les soldats pro-gouvernementaux, vendredi matin dans un quartier du sud de Mogadiscio.
"Nous avons accueilli 19 civils blessés dans les bombardements de ce (vendredi) matin, dont trois grièvement et un enfant", a indiqué à l'AFP un responsable de l'hôpital de Daynile.
"Des centaines de familles fuient la ville aujourd'hui (vendredi) au troisième jour des affrontements", a rapporté un habitant, Mohamed Moalim Kulow.
"J'ai vu plusieurs maisons totalement détruites par les bombardements dans mon quartier et plus personne ne reste sur place", a ajouté M. Kulow, interrogé par l'AFP alors que lui-même montait à bord d'un minibus avec ses cinq enfants.
Les shebab, qui contrôlent la plus grande partie de Mogadiscio, ont lancé une attaque mercredi au nord de la ville, déclenchant des combats qui ont fait 23 morts civils.
Les blindés de l'Amisom ont contre-attaqué jeudi, en soutien aux forces pro-gouvernementales, parvenant à déloger momentanément les shebab de certaines de leurs positions.
Les combattants insurgés avaient cependant regagné leurs positions vendredi matin, à la faveur de la nuit, a constaté un journaliste de l'AFP. Plus de 20 civils ont été tués jeudi, selon le chef des services d'ambulance de la ville.
"Nous avons endommagé plusieurs des véhicules blindés ennemis... Ils se sont retirés hier sur leurs positions avec de grosses pertes", a affirmé à la presse le porte-parole des shebab, Ali Mohamoud Rage.
"La réponse (de la force de l'UA) consiste simplement à bombarder des quartiers peuplés de civils loin des zones de combat", a poursuivi le porte-parole, reprenant ainsi un de ses thèmes favoris de propagande contre l'Amisom.
Le gouvernement de transition somalien (TFG), qui annonce depuis la fin de l'an dernier une offensive majeure contre les shebab dans la capitale, mais également dans le centre-sud du pays sous leur contrôle, a assuré que cette opération était désormais imminente.
"Nous appelons les habitants à se tenir à l'écart des zones de combat car la grande offensive destinée à chasser les rebelles de toute la ville (de Mogadiscio) est imminente", a déclaré à la presse le maire de la capitale, Abdirizak Mohamed Nur.
Depuis fin 2009, le TFG, très affaibli et qui ne contrôle qu'une petite partie de la capitale, promet ainsi d'en finir avec les insurgés et de "libérer" la ville.
Des recrues fraîchement entraînées ont été déployées dans les rues. Les 5.000 soldats ougandais et burundais de l'Amisom ont reçu munitions et nouveaux engins blindés. En face, des centaines de combattants islamistes sont venus renforcer les rangs de shebab, qui promettent la défaite du gouvernement "apostat".
A part une violente attaque shebab fin janvier, rien de vraiment significatif n'a eu lieu depuis lors. Les affrontements habituels, le plus souvent des échanges de tirs d'artillerie, se sont poursuivis à intervalles réguliers, avec leur lot de victimes civiles.
Mais les affrontements de ces trois derniers jours, avec de nombreux combats rapprochés, montrent cependant une nette montée en puissance des violences.
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